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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 18:41

J'ai admiré un drôle d'oiseau ce matin sur le bord de mon toit.

Dressé fièrement comme un sphinx sur la faîtière rougeoyante.

A contre-jour.

Majestueux.

L'ombre chinoise d'une queue en panache s'écrasant sur mes tuiles fatiguées.

Au réveil, comme ça, nimbé de blanc auroral.

J'ai frotté mes yeux croyant m'extirper d'un rêve

Mais non le mystérieux volatile siégeait toujours.

J'ai collé mes mains au carreau embué

Pour mieux le deviner, en douceur.

Un plumage fin tel un pelage soyeux.

Une tête ornée de deux pointes dressées.

Il a tourné la tête vers moi, paresseusement.

J'ai senti qu'il m'observait, l'air dédaigneux et indépendant.

Sûr de lui.

Fier.

J'ai alors ouvert délicatement la fenêtre,

Espérant sans doute un envol pailleté et magique dans l'air vif du matin.

Il s'est redressé, figé un instant,

Puis, d'un bond,

A disparu dans l'angle mort du mur mitoyen,

Me laissant seul et stupéfait,

Me laissant honteux de confusion

Dans l'écho familier de son criaillement incongru:

" miiaaouuuuu ".

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 18:01

Sasha:


"Papa,

Tellement je t'aime

Et bin t'es beau".

 


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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 12:54

Inhospitalière est l'épaule du misanthrope.

Elle ne sait recevoir ni la joue ni la mélancolie de l'autre.

Arrogante,

Elle se hausse en mesquines esquives.

Impudique,

Elle arbore un tatouage haineux

Et se dérobe, sans cesse.

 

Elle ne supporte que le poids de l'égo.

Elle confère il est vrai une carrure imposante

Mais projette du coup une ombre inquiétante.

 

Bodybuildée, dopée, artificielle,

Elle masque sa fragilité originelle

Par cette armure de chair étanche

Et une peau épaisse comme un cuir terne.

Sans frémissement ni émoi.

 

L'épaule est pourtant un écrin d'émotions

Chez qui veut bien supporter les débordements d'humanité.

Réceptacle placide de têtes d'enfants,

De peines d'amis,

De peurs ou de joies en quête d'écoute.

 

Ce que le misanthrope ignore,

C'est que c'est justement sa capacité à supporter les fragilités

Qui rend l'épaule solide et sûre.

 


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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 09:01

L'échine frémissante,

La peau marbrée d'émotion,

L'oeil attendri,

L'air un peu con assumé,

Le geste d'attention pudique,

Les maladresses du quotidien,

La pensée distraite,

L'effluve matinale des draps défaits,

La caresse occasionnelle et précieuse,

Les doutes exprimés,

Les rires comme les pleurs partagés des enfants,

L'assiette conservée au frigo les soirs de retour tardif,

Le texto furtif comme une ponctuation,

La peur évidente de perdre l'autre,

Le chant synchro sur un air d'autoradio,

La taquinerie récurrente

...

 

C'est vrai,

Les mots me manquent parfois.

Mais les indices sont là.

Manifestement, je t'aime.


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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 14:54

Dans les interstices de nos vies conjuguées

J'ai parfois le vertige.

Mais l'assurage exercé contient justement mes failles.

 

Dans les prises et les méprises qui m'entourent

Je sais bien quelle est la voie.

Et dans le dédale des dalles

D'où il est si facile de dévisser,

Je progresse en confiance.

 

Même en m'écorchant les genoux aux pitons

Et l'âme au tumulte des sensations,

Je jette un oeil tendre et fier sur la corde qui nous accorde.

 

Aucune falaise ne saurait constituer un obstacle assez grand

Pour ma farouche détermination.

 

Je sais bien qu'il faudra redescendre.

Toutes les ascensions ont leur lot de chutes et rechutes,

Leurs suites inéluctables de gravité bénigne.

Mais notre destinée verticale m'inspire.

 

Que ce soit en donnant ou en avalant le mou,

Ton ouvrage bienveillant me rend toujours plus fort.


Dans le dièdre démoniaque de la passion,

Le dervers délicat du risque nécessaire,

Je tente tout mouvement,

Assuré de toute façon qu'un échec pour moi

Est une victoire du nous.

 


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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 11:25

Les nuits émaillées d'impromptus charnels

Rendent les insomnies délicieuses.

 

 

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 12:00

Un "plic... plac"...

Dans le lavabo maussade

De la piaule mansardée.

 

Une mouche affolée au velux.

 

Un vieux ventilo posé sur la moquette jaunie

Balayant les moutons contre les plaintes décollées.

 

Deux tréteaux fatigués

Sous un plateau d'agglo peint

Et une vieille lampe de bureau à l'ampoule grésillante.

 

Une table de chevet en cagette

Surmontée de bouquins écornés,

D'une canette à fond de mégots

Et d'un réveil définitivement arrêté sur 3h47.

 

Une penderie impudique, ouverte sur trois cintres nus et tordus.

 

Un bout de lino déchiré sous deux plaques électriques

Souillées de lait boulli séché, écaillé.

 

Le vacarme de la rue.

 

Un plafond de lambris sauvagement découpé.

Quatre murs défraichis aux projections suspectes.

Un mug ébréché et tâché de vieux café,

Posé sur le radiateur branlant aux branchements hasardeux.

 

Les soubressauts occasionnels de la cloison

Lors des ébats fougueux des voisins étudiants.

 

Vingt mètres carrés

Jonchés de capsules, piles usagées, papiers froissés, cheveux et poils mêlés

Et d'une improbable fourchette à trois dents.

 

Un enchevêtrement de vaisselle ni propre ni dégueulasse.

 

Un buffet-maison en carton déchiré,

Entretenant une troublante confusion avec la poubelle de bureau

Posée à ses côtés.

Pareil pour la douche et l'urinoir.

 

Une prise électrique menaçante suspendue à un fil.

 

Qui eut cru qu'en ce décor

Puisse naître le trésor?

 

Un esprit, une plume, une feuille.

Richesse ultime.

Jaillissement lumineux.

 

Le possible.

 

N'en déplaise à la subversive misère

Et sa cohorte de pénombre, crasse et particules de malheur.

 

 

 

 

 

 

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 07:30

J'aime cultiver le frêle espoir

De lendemains lumineux.

 

Les primevères ne sont pas des fleurs de semailles.

Et la bouse n'effarouche pas la jonquille.

A l'orée des bois ténébreux

Subsistent bien quelques prairies nimbées de chants d'oiseaux,

De rêves, de ruisseaux joyeux, de paix

Et de désirs d'humanité.

 


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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 11:53

Panne sèche.

Tu es toujours là pour me remorquer.

 

Toujours plus loin.

Et on refait le plein des sens.

 


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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:39

Le drap chaud satine ta peau

Alors que ma main avide de tendresse charnelle,

Conjuguée au glissement hasardeux de l'étoffe sur tes reins,

En fait soudain tout un champ de frissons.

 

Il est 7h21.

L'oreiller lourd supporte encore ton souffle endormi

Et me voilà affleurant la chair appétissante.

Prudent et désireux.

 

Je t'observe, accoudé.

 

Deux gémissements feutrés entretiennent l'ambiguïté de l'instant.

J'entreprend le baiser sur l'épaule,

Timide,

Puis au creux de la nuque tournée vers moi.

Doux élan.

Un soupir plus marqué vient me mettre le doute.

 

Mais mon corps reprend rapidement le contrôle de mon esprit

Et l'entreprise du réveil amoureux se précise.

 

J'ose?

Oui j'ose une exploration plus intime. 

La communication du désir devient inéluctable.

Le parcours tactile s'étend.

Appel inavoué de la chair.

Les papillons du ventre se mettent à frétiller dans tous les sens.

Le palpitant s'emballe.

 

Et puis,

Bip bip bip...

Bip bip bip...

Le réveil sonne.

 

7h30 ! Déjà.

Dans un sursaut énergique tu te catapulte hors du lit

En me bousculant presque.

Tu cours sous la douche.

Vite, y a école! Les filles à lever.

A préparer.

Le café.

Tu as réunion ce matin, pas question d'être en retard.

C'est normal.


8h20. La maison se vide.

Comme d'habitude.

Baiser furtif sur le pas de la porte.

" A ce soir ".

Oui à ce soir. Bonne journée ma chérie.

 

9 minutes de préliminaires.

C'est toujours ça de gagné pour ce soir justement,

Entre les devoirs à gérer,

La bouffe, les couchers,

Le début du programme télé

Et la fatigue accumulée de la journée.

 

Décidément,

Le temps de s'aimer ne supporte pas la mesure.

 


 


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