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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 12:38

Le patio se fait couveuse.

Les dalles de terre cuite chauffent les pieds nus.
Derrière,

Ténu filet de fontaine.

 

Murs blancs, volets bleus.

L'ombre chaloupée d'un palmier datier en métronome envoûtant.

Effluves mêlés de saveurs sucrées.

Nougat pistaches généreux.
Etales de couleurs.
Ocres.
Jaunes.
Briques.
Terres.

Lotios, pâtés cannelle, doucelettes et autres filibos
En gourmandises bigarées.

Deux chèvres, un dromadaire contemplent leurs maîtres.

Saveur de date sur chants lancinants.
Bijoux irrisés, chatoyants.
Voiles pastels en danse aériennes.

Tamarins glacés.
Baklaouas aux éclats de noisettes.
Délices de miel.

La douce brise délicatement iodée enrobe les sirops et les crèmes d'amandes.
Le sable soyeux caresse les peaux.

Le thé à la menthe infuse patiemment.
Cornes de gazelles en émoi.

Semoule et lumière tamisées.

Le cuivre des plateaux retentit sous les gobelets argentés.
La chicha attend son heure crépusculaire,
Patiente sur sa natte d'osier,
Pour satisfaire ses adeptes enturbanés.

Un vieux sage aux moustaches blanches
Entonne timidement une lecture de verset.

Le scorpion brun passe miraculeusement sous le sabot du baudet attaché.

Le ciel versatile ose enfin le rose.
Bougies et bâtons d'encens s'illustrent.

Les cuisines proches laissent percevoir quelques cris de femmes et bruits de couteaux.
Les rires ponctuent les senteurs de l'agneau en cuisson.
Le pois chiche frétillant.
Le poivron suave.
Baies de poivre, cumin, coriandre dans les plats émaillés.

 

Les épices accompagnent les jeux des enfants dénudés.

Ballons, bâtons, palets.


Le festin est sobre.
Les tajines des fatmas ne comptent pas tant que le goût de l'autre.

A la fin des youyous,

A la rosée tombante,

La braise sommeillant sous les broches et plats,

Il faut désormais se parer d'une prière et d'un drap.
La paupière chargée du soleil et charmée des ambiances passées.
Le sucre encore au palais.
La paix en soi.

Sous la toile tendue.
A dix pas du puits.
Avec les siens.
Les coeurs sont repus.
Et la vie honorée.

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commentaires

michelaise 08/06/2009 15:26

très évocateur, limite picturale comme mise en scène... et quel art de l'allitération... ça sonne merveilleusement

colibri 06/06/2009 11:59

Oh ! Il y bien longtemps que je n'avais retrouvé ces odeurs, saveurs, couleurs, sons enchanteurs... Cela me rappelle une échappée belle dans le désert marocain où, perdus sur les pistes (la faute des cartes !), nous avions été recueillis, mon compagnon et moi, par une tribu berbère : une soirée et une nuit inoubliables... ta description (tu parles de tajine, je pense donc Maroc...) est tellement fidèle que j'ai l'impression d'y être encore ! Merci, Vince !

laeti 06/06/2009 09:32

...moi je crois qu'il n'y a qu'à fermer les yeux...j'ai essayé, ça marche!!! maintenant il va falloir passer à l'étape suivante mais pour ça il n'y a qu'une seule solution: y aller!!!
bisous

Cat 05/06/2009 19:40

Enfile ton sarouel....ça y est?....c'est bon?...ok, allé, hop a 3 on y va....
....1....2.....c'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Chez Vince

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