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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 09:49

Là où passent les chenillés,

L'herbe repousse toujours.

L'ornière boueuse ressemble d'abord à une grosse cicatrice.

Les pédoncules arrachés gisent sur une terre froide et humide.

L'odeur de la poudre est volatile mais

Les chars grondent encore au loin.

Ils menacent.

Une pluie fine vient remplir les empreintes.

Un vent glacial traverse la prairie ravagée,

Dans un silence assourdissant.

Le chardon applati tente de résister.

Le fossé gras ne peut cacher ses bourrelets.

Les plaies glaiseuses se gorgent d'eau.

Des branches cassées jonchent le chemin

Comme les stigmates d'une vaine lutte.

Pourtant,

Doucement, le soleil point au coin du bois détrempé.

Une brume légère vient gommer le paysage.

La pluie cesse.

Un arc en ciel timide enjambe la prairie mystérieuse.

Des odeurs de champignons ressurgissent. 

Des rayons lumineux traversent enfin les grands peupliers.

L'air se réchauffe.

Les carcasses des blindés sont passées et finiront par rouiller

Dans une autre contrée.

C'est certain.

Le métal meurt toujours.

Les racines, elles, demeurent.

La blessure terrestre se mue en doux labour.

L'herbe et les fleurs des prés renaîtront des plaques séchées,

Dans quelques jours.

Il faut laisser le temps aux étamines de se parler.

Les papillons revivront bientôt leurs batifolages printaniers.

Les trèfles recouvriront les cicatrices du chemin.

Et les chants d'oiseaux inventeront un hymne à la prairie retrouvée.

 

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Published by Vince
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