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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 13:42
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J'ai toujours rêvé d'être un connard.

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J'ai l'occasion d'en observer de temps en temps, à la télé ou ailleurs et je jalouse secrètement tout l'art de leur merveilleuse misanthropie.

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Ah! La faculté admirable de l'arrogance! (Fermez-là donc. Ecoutez-moi).

La chance délicieusement détestable de la misogynie! (Une claque dans sa gueule à celle-la. Tiens).

Si j'osai... Une carrière de connard!

Le concept ravissant de l'impolitesse! (Et hop, j'te passe devant en t'écrasant les orteils).

La jouissance de la goujâterie!  (Oui j'me gratte les couilles en public! Et alors?)

J'imagine le pied.

La voluptuosité de la vulgarité!

La classe de la trahison!

La virtuosité du mépris!

Les vertus de la perversion!

L'élégance absolue du coup de pute!

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Selon mes recherches, la maîtrise de cet exercice nécessite un apprentissage long et fastidieux.

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Une formation en alternance peut-être?

Un bon gros connard de patron, ça se trouve aisément. C'est certain. Seulement, comme tout bon gros connard qui se respecte (à défaut de respecter les autres), la plupart du temps il vous envoie vous faire foutre. L'inaccessibilité hautaine, c'est en principe le signe de l'excellence d'un maître d'apprentissage bien pourri.

Difficile d'accès donc.

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Le parrainage alors?

Dans certaines conditions (droit de cuissage, promotion canapé, pots de vin...), le parrainage est possible. Cependant, il ne vous garantit pas contre l'arnaque ou la manipulation malsaine. D'ailleurs, un bon parrainage commence idéalement par une bonne baise (au sens propre du terme) et se termine souvent par une bonne baise (au sens figuré du terme).

Le connard en formation parrainée se retrouve fréquemment le bec dans l'eau et les deux pieds dans la merde. On dit alors qu'il apprend sur le tas (de merde). Cette douloureuse expérience est un module de formation à part entière. Malheureusement jamais validé.

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La validation des acquis de l'expérience?

Sans véritables expérimentations de crasses et de vices répétés durant son enfance, ce mode de formation est à proscrire. A moins d'avoir eu la (mal)chance d'une véritable et fondamentale éducation pervers-narcissique au sein d'une famille fondamentalement indigne, les organismes qui valident ces compétences attendent l'imperfection parfaite et se montrent eux-mêmes très exigeants en matière de connerie et de sadisme.

Réservé aux plus téméraires.

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La voie directe?

Les centres de formation ne manquent pas et ont en général des orientations politiques. Ainsi, nombre de nos représentants cravatés à l'Assemblée sont de véritables connards, formés laborieusement au sein d'établissements soigneusement tordus et malveillants.

Le concours d'entrée y est drastique; des recruteurs chevronnés cherchent à identifier votre potentiel de perversion à travers des batteries de tests complètement cruels.

Le contenu de la formation se répartit en stages honteux et développements théoriques diaboliques (manipulation, abus de pouvoir, mensonge, etc...).

Beaucoup de candidats. Peu d'élus (du moins à l'entrée des écoles... à la sortie, le débouché électoraliste étant plus évident).

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Changer de milieu social d'évolution?

Bien sûr qu'on apprend certainement mieux la connerie en fréquentant des connards! C'est anti-socialement logique.

On m'a déjà conseillé de plaquer tous mes amis et famille (ce qui en soit est déjà un bel accomplissement de connard) au bénéfice de milieux plus hostiles. Sans toutefois aller dans cet excès, on peut tout à fait se faire la main sur ses proches (en maltraitant une grand-mère ou un chien par exemple, en frustrant systématiquement un enfant, en giflant sa femme, en manipulant son ami , en humiliant une personne fragile...). Tous ces petits actes de connard du quotidien sont de nature à vous forger une vraie mentalité d'ordure. Les déboires judiciaires qui en résulteront seront autant de preuves de vos compétences en cours d'acquisition.

Très long apprentissage. Fastidieux.

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L'intervention chirurgicale?

Selon certaines études, la lobotomie favoriserait l'accès aux fonctions de connard.

Cependant, l'étiologie de cette intervention fait apparaître également de nombreux effets indésirables relatifs aux capacités cognitives. Cette pratique est donc recommandée seulement en cas d'extrême urgence. Aux risques et périls de l'usager.

Un connard lobotomisé se reconnaît aux effets secondaires: incapacité à élaborer, bêtise absolue... alors qu'un connard naturel est intelligent (c'est d'ailleurs ce qui fait sa vraie force de connard).

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Le recours à la foi?

Les prières, même les plus ferventes, ne garantissent pas l'accomplissement des volontés; ça se saurait. Cependant, les expériences religieuses durant l'enfance (catéchisme, enfant de choeur, pratique cultuelle fréquente) ont au moins le mérite de vous confronter souvent à des connards chevronnés et redoutables, les pédophiles, et donc de vous exposer, paradoxalement, à des gens pas très catholiques.

A leur contact prolongé, l'apprentissage du vice peut potentiellement devenir un jeu d'enfant (façon de parler). Néanmoins les résultats aux examens (psychologiques) post-religieux tendent plutôt à témoigner de développements névrotiques considérables.

Plutôt contre-productif.

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Le mimétisme médiatique?

L'espace médiatique offre une source quasi inépuisable de modèles de connards.

L'identification aux connards admirables est une résultante inéluctable de la consommation télévisuelle courante. Présentateurs télé, artistes, hommes politiques, chroniqueurs, candidats de télé-réalité et autres ego-exhibitionnistes de tous poils offrent au téléspectateur-éponge un panel vertigineux de connerie. De quoi s'inspirer largement.

Ces connards là sont pourtant, pour la plupart d'entre eux, purement artificiels: produits de marketing, hommes-sandwichs indigestes... En représentation. Des faux connards.

D'ailleurs, rien ne ressemble plus à un vrai connard qu'un acteur gentil mais excellent!

C'est à s'y tromper. Tant et si bien que, dans ce flot de paradeurs impudiques, il devient impossible de distinguer le vrai connard du faux.

Compliqué.

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Les petites annonces?

Meetic ou Le Bon Coin? Tchats ou réseaux sociaux? Pas facile aujourd'hui de faire des vraies rencontres de connards dans cette webosphère malheureusement peuplée d'une majorité de gens normaux et équilibrés!

Bon courage aux entreprises de ce genre. Travaux d'Hercule.

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Il est peut-être d'autres pistes que je n'ai pas explorées...

Je veux être un connard!

Un vrai faux-cul.

Un impur.

Un lâche.

Mauvais, hypocrite, vicelard.

Une petite ordure.

Une enflure de première.

Traitre, collabo, truand.

Un salaud assumé.

Un mal, un vrai.

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J'en appelle à la solidarité des lecteurs de ce blog désormais.

Je veux qu'un connard malencontreusement attentionné me prenne sous son aile pervertie.

Vrais gentils cultivés sur la science perfide du connard (connartologues),  purs altruistes instruits, ou vrais connards miraculeusement égarés dans un soudain élan philanthropique, si ma quête de condition (in)humaine un peu particulière sait vous émouvoir, merci de me donner vos bons tuyaux.

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Ames sensibles s'abstenir.

 

 

 

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Published by Vince
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commentaires

salfils 14/05/2014 06:56

un connard ne donne pas de conseil.
Commentaire paradoxal

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